Retro Avril 2014 : La course à l’échalote

Il y a tout juste trois ans, Jean Paul Galonnier déposait sa candidature à la présidence de la communauté d’agglomération Béziers Méditerranée.

Petit retour sur l’histoire cocasse d’un bouffon qui voulait être roi :

L’Hérault Du Jour (La Marseillaise) nous avait gratifiés à l’époque d’un article pour planter le décor et expliquer à la population de l’agglomération Biterroise les raisons de sa candidature.

Extraits :

« La scène se déroule vendredi. Alors qu’était organisé une sorte de primaire entre les maires Lacas (Sérignan) et Suère (Corneilhan) pour désigner un candidat afin d’aller « ferrailler » contre Ménard pour la présidence de l’agglo, le maire de Villeneuve avait posé sa candidature. Au terme d’une séquence qui ne s’invente pas, une fois des bulletins mis à son nom, il est parti avec ses trois délégués sans voter. « J’ai refusé de participer car les conseillers communautaires de la ville centre (les 22 de Ménard, Ndlr) n’étaient pas présents». Depuis son élection en 2008 comme maire, Jean-Paul Galonnier cultive une image d’homme libre, capable de s’élever contre une mesure quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne. C’est comme qu’on l’a vu lutter très justement contre l’instauration de l’impôt agglo, c’est comme ça qu’on l’a vu beaucoup moins justement lutter contre l’enlèvement des feux tricolores illégalement posés à la Montagnette. Ses colères sont mémorables et il est vu par nombre de ses collègues comme difficilement « gérable ». Gérard Gautier, maire de Cers et conseiller général (SE) pourrait en témoigner, il s’est fait bousculer physiquement par son homologue de Villeneuve. « Gérard, mais nous sommes les meilleurs amis du monde désormais, balaie JP  Galonnier. De toute façon, il faut regarder devant (en direction du calvaire ?)».

De « seul contre tous »… à «avec tout le monde » ?

« Ma candidature est celle du rassemblement (il y a forcement une erreur !), pas celle de la division (comme dans son équipe municipale ?). Mon message est clair : je le veux fort, je le veux rassembleur, je le veux efficace, je le veux solennel, je le veux républicain, je le veux démocrate (Je le veux mollasson aurait été plus honnête…)  », indique t’il. Il n’empêche qu’il semble bien seul, l’homme libre. Lui croit pouvoir rassembler. C’est qu’il dit représenter « l’entrée de l’agglo, là où se trouve le croisement de l’A9 et de l’A75, là où sera la gare TGV (plouf !)», dans la commune « au plus fort potentiel économique ». Plus que la présidence, on a l’impression que Galonnier souhaite surtout ne pas se retrouver dernière roue du carrosse (Il avait dû lire lui aussi dans du marc de café !)… C’est habile, mais cela reste de la politique politicienne. Celle qu’il fustige.  PEA.

Galonnier c’est du La Fontaine, du Phèdre, du Horace, du Esope !

C’est la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, c’est une satire de la vanité humaine à lui tout seul !

Mais quelle mouche (d’âne) a bien pu le piquer  pour qu’il en vienne à se porter candidat à la présidence de l’agglo quelques semaines seulement après sa victoire peu glorieuse aux municipales ?

Insistant un peu plus sur le ridicule de son souhait, le saigneur de Villeneuve gratifia le conseil communautaire quelques jours plus tard d’une longue tirade bien moisie dont lui seul a le secret.

N’est pas Cyrano qui veut…

Le nombreux public présent pour l’élection  ne s’y est pas trompé en sifflant, en conspuant le triste sire puant d’orgueil :

Extrait du CONSEIL COMMUNAUTAIRE D’ INSTALLATION DU JEUDI 17 AVRIL 2014 :

GALONNIER.-  On peut présenter quand même sa candidature avant le vote. Il n’y a pas de débat ? Il n’y a pas de présentation des candidatures ? Est-ce que nous sommes en démocratie, oui ou non ?

Mme ROUGEOT.- Oui, nous sommes en démocratie. M. GALONNIER.- Eh bien, Madame, je pense que la moindre des choses c’est quand même de présenter son projet. Moi, je préférerais le présenter au grand jour, plutôt que de le présenter dans des réunions plus ou moins occultes, qui ne font pas la grandeur de la démocratie, je crois.

Mme ROUGEOT.- Monsieur GALONNIER, vous avez la parole.

GALONNIER.- Je n’ai pas la parole, mais si d’autres candidats veulent la prendre, qu’ils la prennent.

Mme ROUGEOT.- Monsieur MENARD, si vous voulez prendre la parole, je vous en prie. Non, vous ne souhaitez pas intervenir pour le moment. M. GALONNIER reprend la parole.

GALONNIER.- Permettez que je me lève et que je parle quand même face à mon auditoire parce que mon auditoire ce sont quand même, je pense, les élus communautaires qui doivent pouvoir entendre et voir ce que j’ai à dire parce que je n’aime pas, moi, parler par derrière. J’ai des choses à dire et je vais essayer de les dire très clairement et le plus succinctement possible, si vous m’accordez un peu de temps.

Mme ROUGEOT.- Nous espérons que ce ne sera pas trop long, Monsieur GALONNIER, mais sinon vous avez la parole.

GALONNIER.- Ah, Madame, est-ce que vous me donnez un temps de parole où est-ce que vous ne m’en donnez pas ?

Mme ROUGEOT.- Oui, je vous donne le temps de parole.

GALONNIER.- Vous me le donnez de combien de temps ?

Mme ROUGEOT.- Je ne sais pas. C’est vous qui déciderez, Monsieur, avec le respect que vous devez aux autres conseillers communautaires.

GALONNIER.- Mais, Madame, je suis très respectueux des hommes, et c’est tout ce que j’ai à dire.

Mme ROUGEOT.- Donc tout va bien. Je vous en prie.

GALONNIER.- Je vous remercie. Mesdames, Messieurs, mes chers collègues, au-delà des chiffres, les derniers résultats aux élections municipales m’amènent aujourd’hui devant vous et avec vous à repenser les fondamentaux de tout un engagement en politique. Repenser les bases de son engagement en politique est un devoir d’humilité face à cette fonction dont le mot « responsabilité » prend toute sa valeur. Je n’aime pas l’expression « d’exercice du pouvoir », tant elle est connotée de qualificatifs extrémistes. J’aime l’expression « responsabilité » car elle engage l’élu à revisiter les sagesses nécessaires à une fonction élective. C’est en homme responsable et déterminé, librement, que je me présente à la présidence de la Communauté d’Agglomération ; c’est en homme libre de toute influence partisane et calculée, c’est en homme engagé dans le développement économique du territoire qui m’a vu naître et que j’aime viscéralement que je présente ma candidature. Je suis un homme libre qui veut développer les équilibres intercommunaux de notre territoire. Je ne combats pas un homme ou des hommes. Je me bats pour des idées dont l’histoire nous démontre les dérives dramatiques pour la France et le monde. Oui, je suis un homme libre et un homme d’équilibre. A rester dans une démarche comptable, nous risquons d’être sourds au message historique que les électeurs nous envoient dans notre responsabilité d’élus. Les risques de cette surdité est le risque envers la démocratie. A 7 flirter avec les acouphènes ou la perte d’audition, nous pouvons nous laisser séduire par les illusions et les démagogies. Les réponses de radicalisation, d’exclusion, de stigmatisation, au même titre que les réponses d’utopie, de démagogie et d’illusion ne sont pas celles d’une France des Droits de l’Homme et du Citoyen. Mon message, il est clair : je le veux fort, je le veux rassembleur, je le veux efficace, je le veux solennel. Ayons l’humilité de l’efficacité à l’épreuve des critiques. Il y a urgence d’efficacité. Chacun vous parlera de rassemblement. Je ne veux pas un rassemblement de compromissions factice et circonstanciel. Autour des valeurs fondamentales qui font et qui sont la France, je veux avec moi des hommes et des femmes de courage, de respect, de dynamique économique, des hommes et des femmes au service de la promotion du territoire. Nous devons nous poser les vraies questions, celles qui rongent notre société : celles du chômage, celles de l’immigration, celles de la richesse, celles de la délinquance, celles de la désertification de nos centres villes. Si je me déclare aujourd’hui devant vous, vous allez me dire : quelle légitimité as-tu, toi, en tant que maire de Villeneuve pour te présenter à la présidence de la Communauté d’Agglomération ? Je vous ai dit d’abord que j’étais un homme libre. Ensuite, je pense – et vous le savez tous – que la Communauté d’Agglomération, dans le mandat précédent, a initié plusieurs projets, dont un très important, peut-être capital pour l’avenir de cette Communauté d’Agglomération : il s’agit de la gare TGV avec le passage de la ligne LGV.

Un conseiller communautaire.- A Villeneuve.

GALONNIER.- Bien sûr qu’elle est à Villeneuve, bien évidemment. Il est normal quand même, cher Monsieur, que le Maire de Villeneuve-lès-Béziers puisse tirer la Communauté d’Agglomération vers le haut. Vous n’y verrez pas de mal, je pense. Ensuite, je vous rappellerai simplement qu’au point de vue économique – j’ai fait les calculs – la Ville de Béziers possède environ 570 hectares qui sont mis au service du développement économique ; la Ville de Villeneuve-lès-Béziers en représente à peu près la moitié. C’est quand même un poumon économique important, qu’il ne faudrait pas oublier. Bien évidemment, je respecte chaque maire ici présent en sa qualité de maire. Je crois que je l’ai dit, c’est clair, c’est net et c’est précis. Je voudrais vous dire également qu’il n’est, pour moi, pas facile de m’adresser à un auditoire de 65 personnes et de leur faire passer ce qu’est vraiment mon projet aujourd’hui. Tout le monde parlera de rassemblement certainement, mais on peut rassembler sur des idées, on peut rassembler sur des hommes, on peut rassembler sur tout un tas de choses. Il y a aujourd’hui – et nous en sommes tous et toutes peut-être en partie responsables, mais en tout cas cela nous touche tous et toutes – au-dessus de nous un mal qui nous ronge, un mal qui, un jour, nous amènera tout droit, toutes et tous, dans le mur. Se voiler la face et ne pas en parler, c’est être complice d’une telle chose. Ce mal, il faut le nommer. Ce mal, c’est le chômage, que certains traitent de différentes façons, accompagnent de différentes façons ; mais en réalité les résultats ne sont pas à la hauteur, et pas du tout – c’est le moins que l’on puisse dire – à la hauteur de ce que nous pourrions attendre. Il se passe que le chômage c’est quoi ? Le chômage, Mesdames et Messieurs, c’est la perte de l’emploi qui fait perdre la dignité à un homme. Alors je sais que je vois peut-être ici ou là des sourires. Moi, personnellement, cela ne me fait pas rire parce que je pense que ne pas en parler, ne pas traiter ce problème, ce serait dramatique. Nous avons une chance dans cette Communauté d’Agglomération parce que cette Communauté d’Agglomération est nouvelle. Celle de 2008 à 2014, ce ne sera pas la même que celle de 2014 à 2020 et celles qui suivront parce que le législateur a prévu que le mode électoral allait changer. Ce mode électoral, Mesdames et Messieurs, cela va nous permettre bien évidemment de débattre. Cela, je ne voudrais pas qu’on l’oublie. Ce mode électoral, il nous permet, tous et toutes, peut-être de nous offrir une 8 chance de nous retrouver, et de nous retrouver non pas autour de ce que je considérerai être le tout venant d’une Communauté d’Agglomération, c’est-à-dire la construction d’un équipement performant en disant : « je t’échange ma piscine contre un titre ». Cela, ça n’a rien à voir avec une bonne gestion de communauté d’agglomération ; cela, ça ne rassemble pas, cela ne fait que diviser les hommes. Alors si nous devons partir pour six ans et nous battre sans arrêt, faire notre train-train quotidien et avoir des majorités de circonstance ou des minorités, personnellement cela ne m’intéresse pas du tout. Moi, ce qui m’intéresse, c’est de proposer un projet. Moi, je voudrais un projet qui rassemble. Un projet, il sera basé autour de quoi ? Eh bien, il sera basé autour de l’activité économique bien évidemment et du développement économique. Pour cela, nous pouvons tous nous retrouver par rapport au chômage et à l’activité économique. Bien évidemment, cela va nous demander des efforts. Bien évidemment, ce n’est pas tout fait. Malheureusement, nous reproduisons ici – il ne faut pas se le cacher – exactement ce qui se reproduit au niveau national, c’est-à-dire que tout ce qui a été essayé comme système pour l’instant a donné un résultat zéro. Il nous faut donc une efficacité. L’efficacité, elle ne peut se faire que si, tous ensemble, nous essayons de baisser la tête et de nous retrouver. Alors je ne vais pas être très long, mais j’expliciterai mon projet par la suite, si vous le voulez bien… (Mouvements divers parmi les conseillers communautaires) Merci pour la démocratie, bravo ! Si vous étiez venus pour boire l’apéritif tout de suite après, c’est raté. Nous pouvons nous retrouver autour de ce thème-là et je n’en plaisante pas du tout. C’est une possibilité qui nous est offerte, une grande chance. Alors, bien évidemment, on va me poser comme question – parce que je sais qu’il faut le dire et je sais que cela interroge beaucoup – : qu’est-ce que tu vas proposer ? [parce qu’un président, par définition, il va proposer des vice-présidences, vous le pensez bien, c’était de tradition et on en distribuait à l’époque]. Moi, je n’en distribuerai pas. Je pense qu’il faut, pour vraiment calmer le jeu et faire en sorte que chaque ville soit représentée, un président avec 12 vice-présidents, un par commune. Je souhaite – je vous le propose et je le veux pour cette agglomération – que nous puissions nous retrouver – c’est ma proposition – dans une première vice-présidence tout à fait particulière en ce sens qu’elle va regrouper autour de l’activité économique, autour du développement économique, autour de tout ce qui touche la formation professionnelle et l’économie, la totalité des maires de cette Communauté d’Agglomération avec obligation d’efficacité et de résultat. C’est cela qui va nous réunir. Je vous sens un peu plus interrogateurs. Eh oui, ce n’est plus chacun dans son coin, c’est tous qu’il va falloir y aller collectivement. Je sais que cela dérange. Il y a dans cette Communauté d’Agglomération des compétences, tant au niveau des élus qu’au niveau des collaborateurs, c’est-à-dire des administratifs. Il faut les libérer, il faut leur dire : il faut aller – je sais qu’en ce sens je suis entendu par quelques-uns ici – chercher les entreprises, il faut mettre toutes les conditions à disposition des entreprises, des employeurs et des employés, tant au niveau de la formation qu’au niveau des terrains qui peuvent être disponibles. Il faut travailler uniquement sur le plan économique…

Mme ROUGEOT.- Monsieur GALONNIER, je vous demanderai de bien vouloir conclure.

GALONNIER.- Excusez, je vais terminer, Madame, mais je me crois dans un autre hémicycle. Je pense qu’il faut travailler là-dessus. Je sais que vous êtes interrogatifs, mais si nous reprenons le ronronnement nous n’avancerons pas. Il y en a qui m’ont dit : « mais l’Agglomération aura ses minorités et ses majorités, et cela ira très bien ». Eh bien, si nous n’avons pas de résultats là-dessus, je vous le dis, Mesdames et Messieurs, il est fort à parier que nous aurons peut-être quelques déceptions et dans les mois à venir et dans les années à venir. Cela, moi, personnellement, je ne le veux pas. Si vous en prenez la responsabilité, 9 ce sera votre choix. Chacun peut se regarder dans sa glace le matin ; moi, je pourrai me regarder droit dans les yeux. Merci beaucoup.

Le final vous le connaissez …

Villeneuve les Béziers est restée dernière roue du carrosse !

La chétive pécore s’est travaillée pour égaler l’animal en grosseur mais au final ce sont les Villeneuvoises et les Villeneuvois qui se sont fait enfler…

R.V.

Pour un nouvel élan

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